Parcours d'artisans

Inspirations
20 juillet 2020
Artisans dans leur atelier

À la rencontre d’un atelier grandissant

On vous emmène à la rencontre de Mathéo & Etienne, designers menuisiers, issus de la même école de design, qui ont lancé en 2016 leur atelier du côté d’Orléans.

Audacieux et créatifs, ils apportent des solutions globales et uniques afin d’améliorer l’image des entreprises, des habitations ou des évènements. Ils ont une large palette de savoir-faire dans la fabrication de mobilier, d’agencement ou de décor et des compétences en architecture d’intérieur et scénographie

On vous ouvre les portes d’une entreprise qui grandit vite, avec le portrait d’une équipe motivée et courageuse.

Bonjour Etienne, bonjour Mathéo, tout d’abord merci de nous accorder un peu de votre temps entre deux projets. Pour mieux comprendre qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ainsi que votre entreprise ?

Tout d’abord il faut savoir que notre métier résulte d’une énorme passion. Nous avons grandi tous les deux dans le milieu de l’artisanat avec un père encadreur galeriste et l’autre ébéniste restaurateur.

Pour ma part je me suis spécialisé dans le design d’espace et d’objet tandis que Mathéo s’est intéressé au design graphique et à la communication visuelle. Nous avons d’abord allié nos forces afin de travailler sur l’identité visuelle d’un espace de coworking et nous nous sommes interrogés sur le fait d’associer le mobilier et la sérigraphie.

Puis nous avons commencé à appliquer cette pratique sur le bois en joignant nos compétences d’ébénisterie et de design.

Ensuite, grâce à notre formation et nos premières expériences, nous avons décidé de créer notre société en 2016 et de nous lancer dans le monde de l’entreprenariat.

L’atelier tel qu’il est aujourd’hui résulte d’un travail acharné et du soutien de notre réseau d’amis et d’entrepreneurs.

Aujourd’hui nous sommes fiers car nous avons pu embaucher une deuxième personne en CDI et accueillons régulièrement des stagiaires avec lesquels nous pouvons partager notre passion. Dernièrement nous avons racheté le local situé à côté du nôtre pour agrandir notre atelier et répondre aux demandes de projets de plus en plus nombreuses.

Projet réalisé par Yemanja pour les bureaux de Mediawan. Photos : Michel Slomka

Expliquez nous un peu ce qui a permis à votre entreprise de se développer et d’évoluer considérablement en 4 ans ?

En 2016 nous avons eu la chance de gagner un gros projet pour la SNCF : la réalisation d’une scénographie sur-mesure pour la journée d’inauguration de la ligne TGV Est « l’européenne » à Strasbourg. On étaient fous de joie, une grande multinationale nous faisait confiance alors que nous venions de nous lancer à deux.

Ce projet a été un véritable tremplin et nous a permis de gagner en visibilité, en crédibilité et de créer de nombreux contacts.

Fin 2019 l’atelier a pris un nouvel élan grâce à l’aménagement de l’office de tourisme Blois Chambord. Ce projet était un véritable challenge que nous avons relevé grâce à une équipe soudée et des heures de travail acharnées.

Aujourd’hui on considère ce projet comme notre plus belle réussite depuis la création de notre atelier.

Votre parcours fait rêver mais j’imagine qu’il n’ a pas été exempt de difficultés. Pouvez-vous nous raconter ?  

Non bien-sûr que ce n’est pas possible. Comme tout artisan, nous avons traversé des périodes compliquées et fait des mauvais choix mais c’est ce qui nous a permis d’apprendre. Au final nous en ressortons grandis.

Ouvrir son atelier c’est être capable de réfléchir à une stratégie de développement et d’investissement. Les machines sont clés dans notre métier pour gagner en productivité et pouvoir répondre à des projets de plus en plus ambitieux. Mais les machines coûtent très chers et il est difficile de savoir sur quelle machine investir et à quel moment. Après notre lancement, nous avons été sollicités pour un très gros projet. On l’a accepté mais on en a bavé.

Après cette expérience difficile on s’est posé la question d’investir dans des machines. Finalement on a fait le choix de la prudence et aujourd’hui on ne le regrette pas. Il faut savoir refuser les projets pour lesquels on n’est pas dimensionnés et prioriser les investissements.

Apprendre à grandir petit à petit et savoir prendre des risques au bon moment.

Il y a aussi eu des difficultés liées à des recrutements. La menuiserie / l’ébénisterie est un métier difficile. Il faut parfois accepter de ne pas compter ses heures pour livrer les projets dans les délais, de travailler le week-end pour certains montages. Trouver du personnel capable d’accepter les contraintes du métier est compliqué. De plus, arriver à créer un esprit d’équipe où tout le monde s’écoute, s’entraide et communique pour le bien de tous, n’a pas été chose facile, surtout à nos débuts.

Comment voyez-vous votre entreprise dans 5 ans ?

Dans 5 ans on aimerait internaliser d’autres savoir-faire pour répondre à des projets dans leur globalité. Et puis nous réfléchissons à développer nos propres créations et à les proposer sur catalogue. Dans tous les cas nous aimerions faire grandir l’équipe afin de répondre à des projets de plus en plus ambitieux.

Le conseil que vous donneriez à un artisan qui se lance ?

Pour nous le plus important, et ce qui a fonctionné, c’est de s’ouvrir au monde, aux différentes technologies et surtout ne pas s’enfermer dans son atelier.

De plus, intégrer une plateforme comme Hopfab permet de gagner en visibilité et de répondre à des projets pour lesquels nous n’aurions jamais été interrogés.

Projet réalisé par Yemanja pour les bureaux de Mediawan. Photos : Michel Slomka

Concrètement, quels sont les valeurs que vous défendez à travers votre activité ?

Aujourd’hui la règle de base comme dans beaucoup d’ateliers c’est le respect de l’environnement. Nous essayons de travailler avec des matériaux sains, avec un minimum de déchet et un maximum de réemploi. Un système de tri des déchets est mis en place et les matériaux sont majoritairement achetés localement grâce à notre réseau. En fait, on essaye tout simplement de concilier l’économique avec l’environnement car les seules limites sont essentiellement financières.

Vous avez intégré Hopfab un an après votre création, en 2017. Avec un peu de recul, qu’est-ce que vous apporte le service depuis 3 ans ?

Nous avons commencé à travailler avec Hopfab peu de temps après la création de notre atelier. Cela nous permet d’accéder à des projets pour lesquels nous n’aurions jamais été interrogés. La plateforme et l’ensemble de l’équipe facilitent la mise en place des projets et nous accompagnent dans la communication avec le client.

Hopfab c’est avant tout pour nous une mise en lumière de l’artisanat et du design français.

Les équipes d’Hopfab sont venues plusieurs fois nous rendre visite à l’atelier pour mettre en avant notre travail ou pour le suivi des différents projets.

Un grand merci Etienne et Mathéo pour cette interview, on espère encore collaborer et continuer à vous voir grandir pendant de nombreuses années !

Crédits photos : Thibault Pousset