Les matériaux dans l’origami
21 août 2020
Hopfab & vous

Les matériaux dans l’origami

L’origami est l’art du pliage, il permet de réaliser des structures figuratives en papier, ainsi que la création infinie de motifs épurés. 

Cet art s’illustre aussi comme technique de décoration contemporaine dans nos intérieurs. Autrement dit, le pli peut servir à créer des objets décoratifs tels que des luminaires, du mobilier (tabouret pliable, banc, paravent) ou encore de l’habillage mural.

On peut également l’appliquer au domaine de la scénographie pour les évènements et les vitrines. Mais aussi pour créer des paravents, des rideaux, des plafonds, des claustras ou encore des modules acoustiques. Autant dire que son champ d’application reste assez large.

Mais quels sont les matériaux utilisés afin de créer ces structures ? 

Pour en savoir plus nous nous sommes rapprochés de Sarah, qui a fait de cet art son métier. Cette dernière applique le pli et l’origami dans le domaine du design et l’architecture.

Le médium le plus utilisé est le papier. Il nécessite d’être soigneusement choisi et définira de par sa particularité, la forme finale que prendra la réalisation et son réalisme.

Le grammage du papier détermine la qualité du rendu final. Il se doit d’être résistant en assurant la bonne tenue de la création. Mais au dessus de 70 grammes, ce dernier peut-être difficile à plier, néanmoins un papier plus souple permettra de travailler davantage les détails via sa malléabilité, il s’agit donc de réussir à jouer avec ces deux contraintes pour obtenir le résultat le plus qualitatif.

Les différentes formes de papier.

Le papier blanc est le médium le plus connu et le plus utilisé dans le milieu de l’origami, mais beaucoup d’autres types de papier peuvent être employés. 

On retrouve la catégorie des papiers dit “écologiques”.

Le papier recyclé, est de qualité équivalente à un papier non recyclé, tout en présentant l’avantage d’utiliser beaucoup moins de ressources pour sa fabrication. 

Le papier mixte est lui un mélange de fibres recyclées et de fibres vierges issues de forêts gérées durablement. 

Sur une note plus originale le papier ensemencé est lui 100% biodégradable et les graines le constituant permettent à ce dernier de faire pousser des plantes lorsqu’il est mis en terre.

Ce type de papier est généralement utilisé pour des structures visant à être éphémères, ou pour un client ayant de fortes convictions en matière de développement durable. 

“Si au préalable, la demande du client est une réalisation éphémère, j’adapte le choix des matières, et particulièrement pour que ce dernier ait un impact écologique le plus faible possible.” Nous explique Sarah.

Certains matériaux composites tels que le lin allié à l’amidon offrent des propriétés thermiques et acoustiques et grâce à leur rigidité naturelle, permettent de créer des pliages pouvant être exposés en extérieur ou des structures de séparation. 

D’autres matériaux sont eux aussi employés pour leurs caractéristiques techniques. 

“J’utilise aussi du papier issu des packagings alimentaires en les réhabilitant  pour créer des structures durables dans le temps, grâce à leur imperméabilité”

Le tyvek est une matière intéressante dans l’origami car elle est imperméable, lavable, indéchirable, antibactérienne et facilement pliable. Elle peut-être utilisée pour des cloisons de séparation, très utile en cette période de distanciation sociale, ou encore afin de réaliser des structures autoportantes.

Il est aussi possible de créer des structures colorées ou à motifs grâce à des papiers préalablement imprimés via une imprimante ou avec des encres végétales. Cette technique de colorisation permet de réaliser des dégradés et de pousser la réflexion autour de la direction artistique du projet, offrant une multitude de possibilités visuelles.

Les limites

Le choix des matériaux reste limité, le plastique est par exemple exclu car il se casse facilement, ou ne marque pas les plis en forme assez longtemps, pour que la structure soit viable. 

Pour un usage dans le temps, le papier demande à être dépoussiéré tous les mois. Les origamis ne doivent pas être entreposés dans des milieux trop humides. Pour les papiers sur lesquels on applique une teinture végétale, il faut éviter de les exposer directement à la lumière, car avec le temps les UV estomperont les couleurs.

Dans une certaine mesure il est possible de réparer une structure lorsqu’elle est abîmée. Suivant son niveau de détérioration, on peut recoller un module déchiré, ou le remplacer.

Les avancées en termes de technologies textiles et de matériaux,  ne cessent de progresser et par ce biais laissent le champ libre à un nouveau terrain d’exploration, permettant de créer et réaliser objets et scénographie à l’infini.